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Brazil

Le pouvoir de l’imaginaire

Quand il sort sur les écrans son deuxième film en solo, Terry Gilliam n’a derrière lui qu’une réputation flatteuse (Bandits Bandits). Mais ceux qui ont vu le Sens de la vie ont été éblouis par son l’extraordinaire prologue [1]. Splendeur des décors, virtuosité de la mise en scène et scénario iconoclaste, tout y est déjà, en miniature. Avec Brazil, Gilliam met la barre si haut que plus jamais, jusqu’à aujourd’hui en tout cas, il ne fera aussi bien. C’est un film-monstre, un film-monde qui contient une grande partie de l’histoire du cinéma. A partir du matériau d’Orwell, l’ex-Monty Python dynamite tous les genres. Au sens figuré, mais aussi au sens propre : l’explosion du bâtiment de l’administration, avec ses milliers de papiers tombant du ciel, n’est pas qu’une splendide métaphore visuelle. C’est aussi une image qui annonce l’attentat du World Trade Center.

Les liens qu’il met en évidence entre terrorisme, état totalitaire et société de consommation (cadeaux piégés, explosions dans les grands magasins juste avant Noël) sont toujours, et sans doute plus que jamais, d’actualité. Car si depuis le Bloc de l’Est a disparu, l’hégémonie belliciste et liberticide des Etats-Unis a repris le flambeau de la folie humaine. Rien que pour cela, il faut revoir Brazil.

[1L’assurance permanente Crimson, qui dure 15 minutes

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