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Datavision

Comment exprimer visuellement des données chiffrées complexes ? Adieu les tableaux et les camemberts, voici venu le temps de la datavision. David McCandless, son inventeur, a compilé dans un recueil ses créations les plus extravagantes.

Pourquoi faire simple quand on peut faire beau ?

C’est sans doute le livre qui a fait le plus parler de lui avant les fêtes, et nul doute qu’il s’en est beaucoup vendu : Datavision, du journaliste-designer anglais David McCandless, est un objet étonnant, une sorte de boîte à malices qu’il est bien difficile de refermer une fois ouverte. Il ne contient pourtant pas beaucoup de textes, mais une centaine de schémas d’un genre nouveau : oubliez les tableaux à lignes et colonnes, laissez tomber les camemberts avec portion en relief, tout ça est dépassé.

Le point de départ, explique McCandless, est la désir de rendre visible et compréhensible une partie de la profusion d’informations disponibles sur Internet. Or, explique-t-il, la vue est notre sens le plus développé, celui qui peut absorber la plus grande quantité d’information. Elle est très sensible aux variations de taille, de couleur, de contraste. C’est à partir de là que McCandless s’est amusé à inventer des formes nouvelles, élégantes et efficaces, sur tout et n’importe quoi : les mythes de la création, la généalogie du rock, les différentes sauces pour la salade, le cycle du CO2, la montée du niveau de la mort, les définitions de la conscience, une cartographie de l’ADN, l’état des stocks de métaux, les grandes dépenses mondiales ou encore les animaux péteurs.

Evidemment, tout n’a pas le même intérêt, et ça part un peu dans tout les sens, mais l’important n’est pas là. Ce qui compte, c’est la manière dont ces informations sont mises en forme, parfois de façon extrêmement basique (des rectangles de couleur, des bulles, des nuages de mots, plus rarement de manière très sophistiquée (une cartographie de l’Internet qui ressemble à un tableau abstrait, la généalogie du rock, des lignes temporelles qui se croisent dans tous les sens). Et l’effet que font ces images, dont vous pouvez voir des exemples ici.

Comme il n’a pas envie de se prendre au sérieux, McCandless s’est amusé à truffer ses images de blagues, comme dans la généalogie du rock (définition du Doom Metal : « Métal très ralenti, pour un effet sinistre maximum. Les paroles désespérées aidant »), dans Ce qui donne le cancer (« Les traverses de chemin de fer, à cause du créosote. Ne pas lécher. ») ou dans les types de café (« Eau + café lyophilisé = dégueu »). Je vous recommande aussi les motifs de rupture les plus courants glanés sur Twitter, Facebook et Google (« Il était petit et ressemblait un peu à une taupe géante qui essayait de se tenir droite »).

David McCandless anime aussi un site, Information is beautiful en anglais of course, dans lequel vous pouvez trouver d’autres datavisions, dont certaines sont en cours d’élaboration (une taxinomie des idées, par exemple).

Dernier livre paru

A paraître le 2 novembre