télécharger l'article au format PDF

Il faut sauver les Cahiers du football !

Condamnés à verser 3000 euros à Denis Balbir, plombés par la mise en liquidation judiciaire de leur prestataire des abonnements, les Cahiers du football ont annoncé ce matin l’arrêt du mensuel papier. Et appellent les lecteurs du site à faire un don.

C’est une bien triste fin pour une belle histoire, celle des Cahiers du Football version papier. Un pari insensé mais tenu par une poignée de bénévoles motivés et talentueux, concrétisé en novembre 2003 par le lancement du mensuel de foot et d’eau fraîche. Interrompue une première fois au printemps 2008, la publication avait repris de façon éphémère en mars dernier pour un quarante-troisième et ultime numéro. Dans un article mis en ligne ce matin, Jérôme Latta revient sur les raisons de cet échec.

Depuis quelques mois en effet, les tuiles tombent dru sur les Cahiers : serveur qui lâche, prestataire des abonnements et des produits dérivés en liquidation judiciaire, chute des ressources publicitaires et la fin des partenariats avec d’autres supports de presse, suppression des deux emplois créés... A tel point que si un prix Terry Gilliam du support de presse le plus poissard était créé, nul doute que les Cahiers le gagneraient haut la main. Mais une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, on a également appris que dans l’affaire qui oppose depuis bientôt deux ans les Cahiers du foot et le journaliste d’Orange Denis Balbir (ex-Canal+), la cour d’appel de Metz a tranché en faveur du plaignant, qui s’estimait diffamé dans un article parodique signé Jean-Patrick Sacdefiel, paru dans le numéro 39 des Cahiers. L’histoire est suffisamment ridicule pour ne pas la reprendre ici, tous les détails sont sur le site des CdF.

En tout cas, les conséquences sont lourdes : 3000 euros à payer (frais de justice et dommages et intérêts) et surtout une épée de Damoclès au-dessus de tout article politiquement incorrect ou sarcastique. « Toute personne contrariée par un article pourra en effet invoquer cette jurisprudence qui autorise le juge à déterminer ce qui est  »absolument nécessaire« et ce qui ne l’est pas dans un article de presse.. » explique Jérôme Latta. Et là, l’affaire dépasse largement les Cahiers du foot, mais concerne plus largement toute la presse, dont on peut espérer qu’elle va se mobiliser.

En attendant, que faire ? Les Cahiers du football pourraient avantageusement s’inspirer du modèle économique d’Arrêt sur Images : jeté de France 5 en juin 2007, Daniel Schneidermann a remonté son émission sur Internet sans publicité, avec pour seules ressources les abonnements de ses spectateurs. Le résultat est très probant, à tel point que Schneidermann vient de refuser les aides publiques octroyées à la presse en ligne. Avec leurs dizaines de milliers de lecteurs, les Cahiers pourraient sans doute vivre sans problème des ressources de l’abonnement, même modique.

C’est donc une page qui se tourne, celle d’un magazine pas comme les autres auquel j’ai eu l’honneur de contribuer modestement. Quant au site (pour lequel j’ai écrit aussi entre 2004 et 2008, et sur lequel vous pouvez lire mon premier roman, 12 juillet), il est temps de se mobiliser pour lui permettre de faire entendre encore longtemps sa différence. A vos dons !

Dernier livre paru

A paraître le 2 novembre