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Juste avant le crépuscule

Recueil de nouvelles signé Stephen King, Just after sunset est un bric-à-brac qui se laisse lire. De quoi patienter en attendant la sortie en français de son dernier roman, Under the dome.

Oncle Stephen donne de ses nouvelles

La longueur parfois excessive de ses romans et sa difficulté à les finir sont des reproches récurrents faits à Stephen King, y compris par ses lecteurs fidèles. Compte tenu de ça, et du succès de Différentes saisons ou de Minuit 2 et Minuit 4, on pourrait conclure que le format des nouvelles permet d’obtenir la quintessence de la touche King : des personnages minutieusement décrits, des décors réalistes et des atmosphères oppressantes, tout ça dans moins d’une centaine de pages.

Juste avant le crépuscule (traduction de Just after sunset, le coucher du soleil précédant le crépuscule, donc la tombée de la nuit) regroupe ainsi treize nouvelles (preuve que l’auteur n’est pas superstitieux, sauf des fois) allant de six pages pour la plus courte (Fête de diplôme, une des meilleures du lot, qui plante l’apocalypse dans un décor tranquille de villa de l’upper class new-yorkaise) à soixante pour la plus longue (La fille pain d’épice). Il y est beaucoup question de mort (un point qui doit commencer à hanter King, âgé de 63 ans), et ce n’est pas un hasard si le recueil s’ouvre sur Willa, dont les personnages évoluent dans un environnement délabré et découvrent qu’ils ne sont que des fantômes, et se clôt presque sur Ayana, une histoire de guérisons miraculeuses.

Sur un mode plus grand-guignol, mais toujours très efficace, Le chat d’enfer est une version gore de la chanson de Steve Waring, Le matou revient. La plus inquiétante est sans aucun doute N, inspirée [1] du roman gothique d’Arthur Machen, Le grand Dieu Pan (éditions Librio), paru en 1894. Quant à La fille pain d’épice, c’est une variante évidente de Duma Key (l’action se passe sur une île au large de la Floride) avec un zeste de Rose Madder.

Le reste est moins marquant, oscillant entre le potache (le scato Un très petit coin), le raté (Le rêve d’Harvey), l’au-delà encore (Le New York Times à prix spécial) ou l’anecdotique (Muet). Au final, un recueil relativement oubliable aux airs de bouche-trou dans une biobliographie qui n’en a pourtant pas besoin. On attend donc Le dôme (Under the dome) dont la sortie (en deux tomes, 1500 pages en tout) est annoncée en mars prochain. En espérant qu’il sera bon, avant de découvrir, probablement en 2012, un autre recueil de (quatre grandes) nouvelles sorti aux Etats-Unis en novembre dernier et intitulé Full dark, no stars.

Mise à jour le 3 février :

Je viens de trouver un entretien vidéo de Stephen King à propos de l’adaptation graphique par le studio Marvel de la nouvelle N dont je parle ci-dessus. Pour voir les 25 vidéos de l’adaptation, c’est ici.
 

[1Stephen King donne les clés et les sources de ses nouvelles à la fin du recueil.

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