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Paul Ariès, la décroissance et 2012

Dans un long article publié par le mensuel La Décroissance, Paul Ariès détaille les catastrophes à venir. Parallèlement, le magazine lance une pétition pour appeler à une candidature de Paul Ariès à la présidentielle de 2012...

Peut-on être joyeusement catastrophiste ? Avec son sens aigu de la formule qui claque, le sociologue Paul Ariès interpelle les lecteurs du dernier numéro de la Décroissance. Pas pour leur foutre la trouille, non. C’est de lucidité qu’il s’agit là, face à l’ampleur du désastre annoncé : effondrement de la biodiversité (disparition d’un sixème à un tiers des espèces végétales et animales d’ici 2050, c’est-à-dire une génération), diminution de moitié de la quantité d’eau disponible à la même échéance, affaiblissement des courants marins libérant des quantités phénoménales de méthane, choc social aggravé encore par les crises financières récentes, explosion des inégalités qui ouvrent un boulevard à la théorie du choc décrite par Naomi Klein (et que l’on voit à l’œuvre aujourd’hui en Grèce), politique des barbelés des états dits civilisés pour se protéger contre les invasions barbares (Israël, Inde, Lybie, Etats-Unis, Europe...), saturation psychique d’individus épuisés nerveusement...

Le tableau est noir, désespérément noir. Et pourtant. D’après Ariès, reprenant les propos d’Isabelle Stenghers, « il faut oser la confiance », le seul moyen de contrer la barbarie annoncée. Oser la révolte aussi, même si le prix à payer risque d’être élevé. « Nous voulons vivre mieux dès maintenant et c’est possible si nous acceptons d’en finir avec le mythe de l’opulence. »

C’est d’ailleurs dans cette optique, résolument politique au sens où d’autres choix que ceux du FMI et des gouvernements européens sont possibles, qu’un appel est lancé pour des candidatures d’objecteurs de croissance dans la perspective des élections législatives et présidentielles de 2012. Un projet « foncièrement antiproductiviste, anticapitaliste, internationaliste et humaniste. »

Deux grands thèmes de campagne sont déjà définis : l’alternative est entre l’objection de croissance et la barbarie du capitalisme vert, et l’objection de croissance est d’abord une option préférentielle pour les plus pauvres. Quant aux slogans, en voici trois : le désormais classique « moins de biens, plus de liens », sa variante « moins mais mieux » et enfin « la première des décroissances est la décroissance des inégalités ». Enfin, un appel est lancé pour que Paul Ariès [1] soit le candidat de la décroissance pour la prochaine présidentielle.

Si vous ne connaissez pas Paul Ariès, vous pouvez vous faire une idée de ses talents d’orateur avec cette vidéo extraite de l’émission de France 3 Ce soir ou jamais (1er avril 2010) où il est opposé à Alain Madelin :

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