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Paul Auster publiera « 4 3 2 1 » début 2017

Le dix-neuvième roman de Paul Auster s’est fait attendre, mais il arrive. 4 3 2 1, un pavé de plus de 900 pages, sortira aux Etats-Unis fin janvier 2017. Voici ce que l’on sait déjà.

Mise à jour : les éditions Actes Sud ont répondu sur Twitter à ma question concernant la sortie de l’édition française. Il faudra donc attendre 2018 :

Quatre chiffres comme une comptine d’enfants, les coins d’un carré, un compte à rebours ou les membres d’un quatuor. Le prochain roman de Paul Auster, annoncé pour fin janvier 2017 chez Henry Holt aux Etats-Unis, commence à dévoiler ses mystères [1]. Le titre tout d’abord : 4 3 2 1. Un cauchemar pour les moteurs de recherche et les bases de données. Le format ensuite : 860 pages en anglais, ce qui en fera plus de 900 en français, de très loin le plus gros roman austérien de tous les temps. L’histoire enfin : c’est celle de Archibald Isaac Ferguson, né le 3 mars 1947. Soit, les austerophiles l’auront remarqué, tout juste un mois après Paul Auster lui-même, qui fêtera ses 70 ans (déjà !) l’hiver prochain.

On devrait d’ailleurs dire les histoires d’Archibald Isaac Ferguson. Car le bonhomme va vivre simultanément quatre vies différentes, ou plus exactement quatre Ferguson identiques vont suivre quatre chemins de vie alternatifs, chacun d’eux ayant des qualités physiques, intellectuelles, sexuelles et relationnelles différentes. Ils vont tous tomber amoureux de la même Amy Schneiderman, mais rien ne sera pareil. C’est à la fois beaucoup et bien peu, suffisamment en tout cas pour exciter notre imagination.

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Trois ans d’écriture pour raconter quatre vies

Auster raconte dans plusieurs articles parus au printemps dernier [2] que ce roman, qu’il a mis trois ans à écrire, l’a littéralement exténué au point qu’il avait même du mal à marcher. Car s’il a dit un jour « le monde est dans ma tête, mon corps est dans le monde », Auster est moins cérébral qu’on pourrait le croire, il évoque souvent les transformations du corps, notamment dans son essai de 2013, Chroniques d’hiver.

Alors que ses derniers romans (Sunset Park en 2011, Invisible en 2010, Seul dans le noir en 2009 ou Dans le scriptorium en 2007), écrits trop vite, nous avaient laissé au mieux perplexe, au pire franchement déçu, on attend beaucoup de ce 4 3 2 1 en espérant qu’il renoue avec les merveilles du début des années 90 : Leviathan [3], Moon Palace et La musique du hasard. 4, 3, 2, 1 : le compte à rebours a commencé.

Pour patienter, regardez ce dialogue entre Paul Auster et Salman Rushdie diffusé en septembre 2016 dans la Grande librairie sur France 5 :


 

[1Sources : Le site des éditions Macmillan et le site officiel de Paul Auster.

[2Notamment dans La Presse, le 26 avril 2016.

[3Et sa prodigieuse scène centrale et polyphonique, que j’avais tenté de découper en séquences