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Pourquoi ils ne seront pas champions du monde (1) : l’Argentine

A moins de six mois de la coupe du monde sud-africaine, faisons le tour des favoris et voyons pourquoi ils n’iront pas au bout. Pour commencer, l’Albiceleste de Maradona et de Messi.

Parce que Maradona

Nommer Diego sélectionneur de l’Argentine, quelle drôle d’idée. Quasiment sans expérience, Pelusa a pris en main l’Albiceleste il y a un peu plus d’un ans avec une mission principale : ne pas manquer la qualification pour l’Afrique du Sud. Car ce qui devrait être une formalité pour une équipe de ce niveau, placée depuis toujours dans le même groupe unique de qualification (dix équipes, quatre qualifiés plus un barragiste) tourne en 2009 à la purge. Alfio Basile est débarqué, Maradona arrive avec dans ses bagages son sélectionneur des années 83-90, Carlos Bilardo. Les débuts en amical sont prometteurs, mais une raclée en Bolivie (1-6), puis trois défaites consécutives contre l’Equateur, le Brésil à domicile et le Paraguay mettent presque l’Argentine hors-jeu. Presque, puisque deux victoires à l’arraché contre le Pérou et l’Uruguay à l’automne sauvent la tête de Maradona. Mais son dérapage absurde contre les journalistes une fois la qualification acquise et surtout ses choix tactiques surprenants dans lesquels Lionel Messi semble perdu ne jouent pas en sa faveur. En Afrique du Sud, la pression sera énorme sur lui, d’autant que sa carrière de joueur en coupe du monde a alterné le meilleur comme le pire : un but de la main contre l’Angleterre en 1986 et une suspension suite à un contrôle antidopage positif en 1994.

Parce que Messi

Lionel Messi a été élu Ballon d’or 2009 par les correspondants à l’étranger de France Football. Une belle récompense pour l’attaquant gaucher de Barcelone, mais une mauvaise nouvelle pour l’Argentine : jamais un ballon d’or n’a été champion du monde l’année suivante. Sur les 13 précédents ballons d’or sacrés avant une coupe du monde, deux n’y ont pas participé (Di Stefano en 1958 et Simonsen en 1978), un a été sorti au premier tour (Sivori avec l’Italie en 1962), un en huitièmes (Van Basten avec les Pays-Bas en 1990), deux en quarts (Owen en 2002 avec l’Angleterre et Ronaldinho en 2006 avec le Brésil) et deux en demi (Eusebio en 1966 avec le Portugal et Platini avec la France en 1986). Cinq d’entre eux ont toutefois atteint la finale : l’Italien Rivera en 1970 (mais il ne joue que les six dernières minutes), le Hollandais Cruyff en 1974 (il provoque un pénalty dès la première minute), l’Allemand Rummenigge en 1982, l’Italien Baggio en 1994 et le Brésilien Ronaldo en 1998. Trois d’entre eux, Sivori, Van Basten et Ronadinho finiront même la compétition sans avoir marqué le moindre but. Lionel Messi fera-t-il mieux en juillet prochain ?

Parce que l’Afrique

L’Argentine a disputé quatre finales de coupe du monde. Les trois premières ont eu lieu sur le continent américain : en 1930 en Uruguay (perdue contre le pays organisateur, 2-4), en 1978 à domicile (gagnée contre les Pays-Bas 3-1), et en 1994 aux Etats-Unis (gagnée contre l’Allemagne 3-2). Une seule s’est jouée ailleurs : en 1990 en Italie (perdue 0-1 contre l’Allemagne). Autrement dit, c’est plutôt en 2014 (au Brésil) qu’il faudra placer l’Argentine parmi les favoris.

A suivre...

Dernier livre paru

A paraître le 2 novembre