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Trésors cachés des sites cartographiques

Projection du monde et résultat d’un travail artisanal, la carte géographique n’en finit pas de nous fasciner, des grandes affiches accrochées il y a trente ans dans la classe de CM1 aux merveilles disponibles aujourd’hui sur Internet.

Enfant, je passais des heures à dessiner des cartes de géographie. L’Afrique était facile, l’Espagne aussi, l’Amérique du nord beaucoup moins, surtout quand il s’agissait d’y caser les 48 états de l’Union. J’ai toujours gardé une tendresse particulière pour les cartes, du moindre plan de ville à l’atlas mondial. Désormais, sur Internet, on trouve des merveilles développées par des cartographes qui pour certains sont aussi des artistes, comme Philippe Rekaziewicz (Le Monde diplomatique).

Le Diplo a d’ailleurs créé en septembre 2006 un blog intitulé Visions cartographiques « destiné à présenter, sous forme d’esquisses ou de documents finalisés, des projets cartographiques en gestation (...), une réflexion sur la création cartographique, les manipulations et utilisations politiques des cartes, des projets artistiques dans lesquels la cartographie tient une place importante et des réalisations cartographiques ou géographiques anciennes », selon la note d’intention figurant en page d’accueil. Peu d’articles pour l’instant, mais l’idée est très prometteuse.

Il y a aussi un répertoire de liens tout à fait passionnant qui nous guide vers des sites cartographiques originaux, dont Maps of war qui propose de dérouler 5000 ans d’histoire impériale en 90 secondes chrono. Grâce à une animation sous Flash, on voit ainsi comment les invasions et les empires se sont succédé autour de la Méditerranée, du royaume d’Egypte à la décolonisation en passant par les Hittites, les Babyloniens, les Macédoniens, les Romains, les Mongols ou encore l’Empire Ottoman.

Le même site égrène par ailleurs la chronologie macabre des guerres menées par les Etats-Unis depuis 1776. On en connaît quelques unes, comme la guerre d’Indépendance, la guerre de Sécession, les deux conflits mondiaux, le Vietnam ou l’Irak. Il y en a bien d’autres, et des forts meurtrières.

Mais le plus étonnant se trouve au rayon cartographie anamorphique : il s’agit de sites dans lesquels les cartes se déforment en fonction des informations qu’elles contiennent. Sur Worldmapper, les illustrations valent mieux que de longs articles sur les inégalités planétaires : selon les thèmes abordés (richesses, transports, ressources naturelles, démographie, éducation, santé, pollution... plus de 200 sont déjà en ligne et 150 autres sont prévues), on voit la Chine gonfler comme un ballon, l’Afrique se ratatiner, les Etats-Unis se dilater ou la Russie disparaître.

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Carte extraite du site Worldmapper
Voyageurs en avion dans le monde. Les Etats-Unis représentent à eux seuls 40% du traffic mondial.

A côté des cartes, on trouve aussi des graphiques animés, comme sur le site du Programme des nations unies pour le développement (PNUD), Gapminder. On voit ainsi des courbes qui se déforment, des tendances qui se creusent, les richesses qui se répartissent (une pièce de monnaie coupée en morceaux), et on peut comparer la réalité avec les objectifs du PNUD à l’horizon 2020.

Enfin, plus classique, il y a les fonds de cartes que l’on peut télécharger. Celui de Sciences Po, Atelier de cartographie, est relativement complet à défaut d’être original.

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